Accéder au contenu principal

Douceurs du soir.

     Certains soirs, comme aujourd'hui, du fond de mes draps je défile ma TweetLine en me demandant si un peu de douceur ne ferait pas du bien à ce monde de brutes, puis j'y pense, et j'écris. 
     
J'ai toujours été fascinée par la douceur, le calme, la bienveillance et la sérénité que dégagent certains souvenirs, certaines odeurs, certaines activités et certaines personnes. Je me rends compte  que le simple fait d'y penser contribue à m'adoucir moi même et que rien n'est plus agréable que d'effleurer toute cette douceur souvent masquée par ce voile de routine et d'indifférence qui plane sans cesse au dessus de nos vies. L'hiver arrive tranquillement et j'ai pensé qu'un peu de cette tendresse méritait d'être couchée sur papier. 
     
     Souvenez vous, de l'odeur des premières nuits d'été, lorsqu'elles arrivent en même temps que le mois de juin, qu'elles ne sont plus si fraîches et qu'elles laissent apparaître des étoiles à perte de vue. Au passage, souvenez vous aussi de la manière dont on exploite ces premières nuits d'été autour d'un barbecue interminable, de la manière dont on les observe au rebord d'une fenêtre le temps d'une cigarette, du silence et de la lumière des lampadaires. Je trouve que rien n'est comparable à la douceur d'une nuit d'été (noctambule que je suis) qui rend l'errance un peu moins vaine et la nuit, un peu moins fade. 
     Souvenez vous aussi de la quiétude d'une chambre d'enfant, de la douceur d'une peluche, de l'odeur du lait de toilette "Mustella Bébé", de la moquette de nos enfances et de la délicatesse d'une maman quand elle dit "Bonne nuit". Je ne peux pas savoir si ça vous fait le même effet qu'à moi ou si cela vous inspire la tranquillité mais c'est une manière comme une autre de me ressourcer que de replonger dans l'univers sensoriel de ma petite enfance. Dans la même lignée, la douceur des bras et des baisers d'une grand mère n'a pour moi pas de prix. 
    
    Observez, imitez et entrez dans vos vies ceux que j'ai pris l'habitude d'appeler "les calmes". Il y a des personnes qui sont impressionnantes de tranquillité et de bienveillance. Ceci ne leur enlève en rien leur énergie, ils ont des énergies plus calmes que les nôtres, en tout cas plus calmes que les miennes. Il s'agit de ces personnes qui parlent d'un ton clair, linéaire et posé dont les voix ne déraillent jamais. De ceux qui semblent ne jamais avoir douté de la beauté du monde tant leurs regards se lient à leurs sourires, tant les gestes calmes de leurs mains suivent à la perfection le flot serein de leurs mots. Ils sont de ceux qui vous sourient dans le seul but d'égayer votre journée. Et ça fait du bien. Je pense que ceux là, même s'ils sont de plus en plus rares méritent d'être écoutés, observés, imités et compris. Je ne sais pas si l'on peut vraiment être calme et savoir se maîtriser de manière innée mais j'espère que cela résulte d'un travail sur soi même. Ecoutez les parler ces "calmes", voyez comme ils sont reposants. 

     Un air de piano, un air de violon, une voix qui vous apaise. Ecoutez ou réécoutez ce morceau de musique qui vous plonge dans un état semi comateux. La musique a cette capacité de créer une bulle autour de vous à l'intérieur de laquelle rien ne passe. Si vous peinez à le ressentir, mettez un casque, ne laissez pas les notes s'envoler trop loin car il serait bien dommage d'en perdre une miette. Pour ma part c'est "Mariage d'Amour (au piano) - Richard Clayderman" si la journée a été mauvaise. Et ça fonctionne, toujours. 

     On m'a appris à utiliser mes sens pour déceler l'agréable qui se cache parfois dans le banal quotidien. S'en dégagent parfois des douceurs simples : L'odeur d'un vieux livre, la beauté d'une fleur, la chaleur d'un thé, les effluves d'une feuille de papier d'Arménie qui brûle, l'hypnose véhiculée par la vision d'un feu de bois dans une cheminée, la sensation du stylo noircissant une feuille de papier lorsqu'on écrit ou dessine pour le plaisir. Mais aussi l'ivresse de quelques verres, la tendresse d'une main dans nos cheveux, le frisson d'une caresse dans le dos, l'euphorie intérieure et incontrôlable de nos amours, nos joues qui rougissent lorsqu'un compliment vient nous mettre du baume au cœur ... 

Laissez moi vous dire qu'écrire ces quelques lignes m'a obligé à penser à ce qui me fait du bien plutôt qu'à tout ce qui peut corrompre ma bonne humeur. C'est un exercice reposant. 
 
En vous souhaitant une douce nuit. 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

A comme "Amour", A comme "Apprendre".

      Dans l'une de ses chansons, Lynda Lemay écrit :  "Les mots se bousculent dans ma tête, j'ai pas la formule qu'il faut.  Pas aujourd'hui, demain peut-être, j'trouverai le moyen de cracher le morceau.  En attendant je me réfugie dans un silence qui me ronge le cœur,  depuis que j'ai rencontré Marie..."      Je suis une jeune femme avec un passé amoureux illogique. Une homo longtemps refoulée, une adolescente qui consentait passivement à croire que le flamme qu'ils décrivaient tous et qu'ils appelaient Amour était une chimère. Longues ont été les années passées entre les bras de garçons - gentils la plupart du temps - desquels j'étais persuadée d'être amoureuse. Sans ne jamais franchement tressaillir sous la force de quoi que ça soit, accomplissant mécaniquement par mimétisme tout ce qu'il était logique de faire pour me fondre dans la masse. Je les aimais, je crois, mais n'en serai jamais sûre. Jamais d...

La complainte du Gnocchi mal cuit.

" A Manon, à Nathalie, à CrohnEmbourg.  Il fallait depuis longtemps que j'écrive ce billet, et le voilà enfin.  Le fruit de moult réflexions sur les gnocchis, c'est un peu pété comme thème inspirant.  Mais toujours en accord avec les péripéties estudiantines de deux presque soeurs,  dont la Brune voulait en dire quelques mots à la Blonde."      Tout commence avec un Gnocchi, un soir d'hiver dans une poêle anti-adhésive, au retour d'une première beuverie. Les Gnocchis sont importants, et vecteurs de questionnements divers. Lorsque la Brune les cuit un peu trop et dans du beurre, la Blonde les laisse gonfler à feux doux dans une poêle pleine de graisse de chipolata. La Brune les aime entiers dans la bouche, la Blonde les coupe en deux et les agrémente de lardons et de crème. Le désaccord Gnocchesque qui trouve finalement un point d'accord. Une phrase indiscutable résultante de quatre grammes dans chaque oeil : Les Gnocchis, ça prend de la pla...

Génération quoi ? Paysage enfantin (1997-2017)

TW : Ce billet est susceptible de mettre un coup de vieux à des personnes très jeunes.       Je ne sais pas vous, je crois que cela doit être pareil pour tout le monde. Lorsque je discute avec des personnes nées en même temps que moi, qu'on étale nos enfances, nos discours prennent parfois des tournures hilarantes à base de : "Mais oui, je ne me souvenais plus de ça ! On a eu, la même enfance."      On m'a souvent dit que j'étais une enfant du XXIème siècle, d'une génération marquée par le 11 septembre 2001 car nous sommes les derniers, puisque nés quelques années avant, à pouvoir nous en souvenir assez distinctement. Nous sommes aussi les premiers à avoir eu des cours de prévention, très jeunes, sur le VIH. La découverte du SIDA et le 11 septembre 2001 ne sont pourtant pas des heures glorieuses, et ce n'est pas de cela que j'ai envie de me souvenir. D'autres choses plus cocasses nous ont marqué, j'avais envie d'y revenir.   ...